Pour une solution de franchissement de l’autoroute A48 pour les cycles et les piétons entre La Buisse et Moirans Centr’Alp

Le 26 septembre, le demi-échangeur de Mauvernay sur l’A48 a été inauguré. A ce jour, aucune avancée n’a été faite pour la création d’une solution de franchissement de l’autoroute A48 pour les cycles et les piétons entre La Buisse et Moirans Centr’Alp. L’ADTC avec les associations C2ATR, CEVC, Le Pic Vert et FRAPNA Isère a écrit une lettre ouverte à Ségolène Royal, Ministre de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie demandant des avancées sur ce franchissement


Réaumont le 19 septembre 2014

Madame la Ministre.

Nous vous sollicitons par ce courrier pour une intervention auprès de AREA. Celle-ci vient d’achever, sur l’autoroute A48 joignant Grenoble à Lyon, les travaux de transformation du demi-diffuseur de La Buisse - Mauvernay, en un diffuseur complet.

Vous trouverez en annexe 1 la mise en situation du projet.

Initialement, il était prévu de détruire le demi-diffuseur existant et d’en reconstruire un complet à 300 mètres plus loin, pour un coût estimé de 14 M€ en valeur 2010 (cf. annexe 2 : Comparatif des solutions octobre 2010). Suite à l’action des associations le projet a été modifié : un second demi-diffuseur a été construit, en complément du premier, pour un coût de 8 M€ en valeur 2011. Cette décision a permis à AREA, qui supporte la dépense à hauteur de 40%, de faire d’importantes économies : 1,2 M €, en se limitant aux coûts estimés (2,4 M€
en prenant en compte la dérive des coûts) ; sans que cela augmente ses frais d’exploitation de manière significative, le diffuseur étant à péage automatique.

Dans le même temps, AREA s’était engagée à réaliser une passerelle pour le passage de la grande faune afin de réaliser le corridor biologique entre Chartreuse et Vercors. Elle a fait part de ses inquiétudes auprès des associations écologiques : serait-elle obligée de construire cette passerelle selon les normes applicables dans le Jura qui prennent en compte les besoins de l’exploitation forestière. Les associations partageaient le point de vue d’AREA sur le caractère
excessivement contraignant d’une norme conçue pour assurer la continuité des voies forestières, sans intérêt ici. Il semble qu’AREA a pu obtenir les assurances qu’elle recherchait en gagnant sur le coût de réalisation de cette passerelle pour la faune sauvage.

Par contre, les associations écologiques s’inquiètent de la sécurité des circulations douces sur la RD 121, qui n’est pas du tout satisfaisante (cf. annexe 3 : présentation du pont actuel) et qui sera encore dégradée avec la mise en service du double diffuseur. Cet axe dessert la zone économique de CENTRALP, employant près de 5 000 salariés, pour laquelle la Communauté d’Agglomération du Pays Voironnais a réalisé des aménagements en faveur des modes actifs (vélos et piétons). En maintenant cette liaison vers CENTRALP à un niveau de sécurité problématique, on neutralise les efforts faits par la collectivité pour diminuer la part modale de la voiture.

Lors de l’établissement du projet les collectivités locales et l’AREA semblaient d’accord sur la nécessité d’un franchissement sûr de l’autoroute pour les modes actifs. Maintenant que le projet est en phase de réception, AREA refuse toute participation à la réalisation de la liaison sécurisée cycles et piétons.

L’instruction ministérielle du 31 octobre 2002 "relative à la prise en compte des cyclistes dans les aménagements de voirie sur le réseau routier national " impose aux aménageurs du réseau routier national de prendre en compte la circulation cyclable hors zones urbaines, en complément de la loi LAURE.

Les autoroutes font partie du réseau routier national, elles sont donc soumises à cette directive ministérielle.

Pour les associations, indépendamment de la contrainte légale obligeant l’aménageur du réseau routier national, il parait légitime qu’AREA contribue à une amélioration de la sécurité des cycles et piétons, en consacrant une partie des économies qu’elle a réalisées grâce à la révision du projet de diffuseur. Cette minoration du coût du projet a été obtenue grâce à l’action des associations dont le bien-fondé a été reconnu et soutenu parle Conseil général de l’Isère co-financeur du projet. S’ajoute l’économie réalisée sur le projet de passage à faune.

Au bilan global, une passerelle pour cycle, évaluée à 1M€, serait d’un montant nettement inférieur aux économies réalisées par la collectivité et par AREA.

Nous sollicitons votre intervention, Madame la Ministre, afïn que la continuité de l’itinéraire cyclable et piéton soit assurée pour le franchissement de l’autoroute A48 au niveau du diffuseur de Mauvernay, conformément au décret ministériel du 31 octobre 2002.

En souhaitant que notre demande retienne toute votre attention, nous vous prions de croire, Madame La Ministre, à l’expression de notre profonde considération.

  • ADTC GRENOBLE
  • C2ATR (Coordination des Associations pour des Alternatives au Tout Routier) - MOIRANS
  • CEVC (Comité Ecologique Voiron Chartreuse) - VOIRON
  • Le Pic Vert - REAUMONT
  • FRAPNA Isère
PDF - 2.9 Mo
télécharger Courrier-SegoleneROYAL_AmenagementsCyclesPietons-Mauvernay_20140919 (PDF - 2.9 Mo)

Echangeur Mauvernay

29 septembre 2014

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